Alcools neutre origine vinique : Constat et perspectives

La Ste Nadal Alcools est depuis toujours fortement attachée aux Vins Doux Naturels.
Le mutage, est la pierre angulaire de l’élaboration d’un VDN, c’est pourquoi nous avons toujours eu soucis de livrer en temps et en heure des alcools de qualité, conformes au cahier des charges régissant la profession.
Ces dernières années le monde de la distillation et des alcools bouge.
Autrefois régies par le monopole de l’état, puis par des productions soutenues par les aides communautaires, les prix de l’alcool pur d’origine vinique ont subis d’importantes hausses ces 2 dernières années.

Ces fluctuations de prix ont plusieurs origines :

Bien entendu sont à prendre en considération
– la fin des aides communautaires
– la fin des distillations de crises
– la fin des aides spécifiques de l’état Espagnol à la distillation

Mais aussi et surtout le marché des brandys et eaux de vie qui a fortement perturbé les cours de l’alcool pur :

Depuis 1936 la règle du mutage est clairement établi, l’alcool utilisé doit être un alcool à 96% minimum d’origine vinique (marc, lies, et vin).
Depuis quelques années utilisant une tolérance, les distilleries Françaises utilisent des marcs et des lies pour élaborer des eaux de vie de vin et des brandys normalement issus uniquement de la distillation du vin. Le coût d’élaboration étant bien moindre et les prix de ventes très importants.
Ceci a naturellement entrainé une raréfaction des alcools destinés à la rectification et donc une augmentation sensible de leur prix d’achat.

En 2012, l’Europe, sous la pression de nos voisins Espagnols et Italiens, a mis en demeure la France de respecter le mode d’élaboration des brandys en utilisant uniquement des alcools de vin et non plus de marc et lies.
Cette obligation sous peine de sanction entre en vigueur fin Avril.

Nous espérons qu’elle aura pour effet de détendre le marché, et de permettre des achats de flegmes à moindre coût car n’ayant plus de destination possible autre que la rectification pour obtenir du surfin neutre ou bien la biocarburation moins rémunératrice.
L’autre conséquence qui pourrait être fâcheuse, même si elle semble à ce jour peu probable, est que Bruxelles, n’allant plus loin, décide qu’aucun alcool issu des sous-produits de la vigne ne puisse être utilisé comme alcool dit de bouche !

Ceci aurait une double conséquence : la première le prix de l’alcool surfin neutre s’envolerait littéralement car il proviendrait uniquement du vin sans aucune aide.
La seconde, serait écologique car à quoi servirait ces lies et ces marcs ? Où finiraient-ils si les distilleries ne les traitent plus ?

Il est aujourd’hui important que les syndicats de crus, les syndicats de vignerons et toute la profession s’unissent et défendent l’utilisation d’alcool surfin d’origine vinique au sens large du terme pour le mutage des Vins Doux Naturels.

Soyons certains que l’ensemble des instances citées sont déjà sur le pied de guerre et œuvre à la continuité de nos précieuses appellations.

Pour notre part, au travers de notre participation à l’actionnariat de sud alcool avec le groupement de distilleries sud Languedoc nous défendons l’idée de distilleries « de proximités » , permettant ainsi aux vignerons indépendants et caves coopératives l’évacuation de leur sous-produits tout en sécurisant l’approvisionnement en alcool surfin neutre pour le mutage de leurs Vins Doux Naturels. Tout cela dans un esprit de développement durable permettant de continuer la grande histoire des VDN.

Lionel Nadal

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